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Tronc d'église.
Par P.B. Phillips

Peux-tu dire avec certitude

Que deux plus deux font quatre

 

Qu'un ciel bleu est bleu

Que je suis moi, et que je ne suis pas toi

 

Est-ce certain, penses-tu

Que le noir est la meilleure encre

 

Es-tu certain que les poulpes

Ont plus d'un œil

 

T'offusques-tu

Que la gravité tire vers le bas

Quand Einstein dit que c'est vers le haut

 

Les faits que tu peux mesurer

Devraient te remplir de plaisir

Car ils sont difficiles à contester

 

La science n'est pas du vent

Comme la religion et autres balivernes

 

Adorer les atomes est élémentaire

Prier un Dieu, c'est juste de la folie

 

Libère-toi pour chercher la vérité

C'est le cri de la jeunesse………….

 

Mais, en vieillissant

Tu deviendras moins audacieux

Pour douter que le paradis n'existe pas

 

Tu n'es pas indestructible

 

Alors mange beaucoup de fibres

Ne fais pas de deltaplane

Fais tes dix mille pas par jour

 

Car sur ton lit de mort

Le visage contorsionné et rouge

 

Le prêtre pourrait grommeler

Que tu n'as pas été humble

Te laissant dans l'embarras.

 

Comme tu ne peux tout simplement pas être sûr

Qu'il n'y a pas de porte blanche

 

Ou que Saint Pierre n'attend pas

Pour ouvrir la porte du paradis

 

Alors et si c'était du pipeau

 

Et que mort signifie juste mort

Que la vie que tu as menée

N'était que dans ta tête

Tu n'es finalement que de la chimie

 

Mais c'est ainsi,

Tu ne le sauras tout simplement pas

Jusqu'au dernier râle de la mort

 

Couvre tes paris

Sois sage,

Sois intelligent et rusé comme un renard

Et glisse un petit billet

Dans le tronc de l'église.

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